Je n'avais jamais préparé cette note à l'avance, mais vu celle de l'année dernière, j'ai préféré cette fois prendre quelques dispositions.
(Quand je l'ai publiée, à toute vitesse depuis le Berry, je me suis dit : « je la reprend dès que possible », bon. Évidemment, je ne l'ai pas fait dans les premiers jours qui suivaient le nouvel an, et ensuite, ça perdait un peu de sa saveur ou de son sens et j'ai pensé que ça me servirait de leçon. Raison pour laquelle j'anticipe cette fois.)
J'écris cette note au bout de ma première année de thèse. Est-ce que cela doit permettre d'interpréter les choses sur ce que j'ai lu et comment j'ai lu ? C'est réducteur sans doute, mais j'aime bien imaginer que tous les livres que j'ai abandonnés ont été victimes du dévouement que je mets dans mes recherches.
2017 n'a pas été une année à lecture. Je dois consulter mon répertoire d'ebooks pour me rappeler ce que j'ai lu : je n'en repère que deux ou trois.
J'indiquerai après chaque titre l'état dans lequel je l'ai laissé.
Il y a eu Défaite des maîtres et possesseurs (abandonné) de Vincent Message. On m'en a dit le plus grand bien, longtemps, beaucoup, mais j'étais méfiante et j'avais raison : l'impression que ça m'a laissé, c'est celle désagréable et mesquine que j'aurais pu en faire autant. Mais justement tu ne l'as pas fait…
Si le fond bien sûr m'intéressait le procédé m'a semblé facile et l'écriture ne rattrapait rien. Quand l'auteur est parti du côté de ces salauds d'agriculteurs bourrins, je l'ai remercié. Oui après tout, je vais considérer désormais que ne pas terminer un livre c'est renvoyer son auteur.
Simone Signoret traînait chez moi depuis longtemps : un Adieu Volodia (abandonné) acheté cinquante centimes dans un Boulinier il y a quelques années. Comme au printemps j'avais déjà du mal à lire, j'ai décidé de l'emmener en vacances, en tant que pavé de vacances (c'est un état légitime pour un livre, voir Gérard Genette – bien que Volodia n'ait pas l'aspect best-seller, hormis peut-être celui de best-seller de boîte à livres : je l'ai trouvé dans la cabane de la place du Foirail d'Aynac et dans l'étagère vitrée d'une rue de Pontoise). Volodia a rempli son rôle efficacement même si je ne l'ai pas à proprement parler terminé – mais franchement, je suis pas loin.
Vernon Subutex 3 (terminé) est enfin sorti, ce qui a donné lieu à plein de promo despentesque à laquelle je m'arrange toujours pour assister : cette année deux soirées fournaises à la maison de la poésie, une rencontre littéraire et une performance avec Béatrice Dalle. Subutex était bien même s'il s'agence un peu bizarrement avec les deux premiers. J'étais quand même contente de lire un livre d'une traite, enfin.
J'en profite puisque j'ai commencé pour parler des rencontres littéraires de l'année, qui deviennent de plus en plus un pan à part entière de mon expérience de lectrice : Despentes donc, Louise Erdrich interrogée par Maylis de Kerangal, un concert dessiné avec Boulet et Marion Montaigne, et Philippe Jaenada aux archives.
Après la rencontre avec Louise Erdrich, j'ai voulu lire Réparer les vivants (abandonné) parce que Maylis de Kerangal que je ne connaissais pas auparavant m'avait bien plu en tant qu'intervieweuse. Bon ça a été un échec de plus et j'ai un gros désaccord au sujet de ce bouquin avec mon conseil littéraire qui se met à douter de mes capacités empathiques.
Las vegas parano, abandonné si vite que je ne sais pas si ça vaut même la peine de le mentionner.
Comme on atteignait progressivement le milieu de l'année et que je n'avais pratiquement lu aucun livre jusqu'au bout ni qui m'ait plu, sauf Vernon, j'ai pris une grave décision : me mettre à relire.
J'ai commencé par Le chœur des femmes (relu, donc) de Martin Winckler. C'était bien, j'ai aimé de nouveau quoiqu'un peu moins, j'ai vu des choses dans la langue qui ne m'avait pas dérangée la première fois (c'était en 2014). Dingue : mes goûts changent. Au moins, j'ai lu un bouquin de 400 pages, ça m'a rassurée.
Ensuite (je dis « ensuite » mais la chronologie n'est pas forcément respectée), Youtube m'a recommandé une vidéo à propos d'un phénomène que j'ignorais totalement : le « coffin birth ». Oui, j'ai cliqué, et il n'était même pas tard dans la nuit. J'ai découvert Caitlinn Doughty qui pour faire court est une croque-mort américaine postant régulièrement des vidéos très instructives et drôles sur tout ce qui peut concerner la mort de près ou de loin. J'ai lu son premier livre Chroniques de mon crématorium (terminé), une compilation de chroniques de ses premières expériences dans l'industrie de la mort notamment quand elle travaillait comme opératrice de crématorium. Je tiens à dire que je trouve la traduction du titre Smoke gets in your eyes lamentable, tout comme l'édition que Payot en a fait (« c'est une fille qui fait des choses lugubres, il faut mettre du rose sur la couverture ») et que tout ça dessert le propos de Caitlinn en la faisant passer pour une pigiste de Cosmopolitan égarée en salle d'embaumement.
Elle a sorti son deuxième livre cette année, From here to eternity, que j'ai fait venir exprès des Etats-Unis parce qu'il est très beau et que je n'avais ni envie d'attendre, ni envie d'avoir attendu pour lire une traduction approximative dans une édition moche.
J'ai tenté une autre relecture : La joie de vivre de Zola (abandonné). J'étais bien entrée dedans et je retrouvais Lazare et Pauline avec plaisir, je voulais revivre le sacrifice de Pauline, mais j'ai dû abandonner parce que Papet est tombé dans le coma et que je ne me suis pas sentie les épaules suffisantes pour supporter l'issue de cette histoire qui m'avait nouée lors de ma première lecture, en 2009.
Pendant l'été, j'ai voulu rejouer le coup du livre de vacances, cette fois avec la saga des Rois maudits (abandonné). Nouvel échec, parce qu'arracher des ronces, du lierre, du laurier et des bambous m'a largement assez occupée.
Je ne sais même plus ce que je lisais à la rentrée ? Si je lisais quelque chose ?
Début novembre j'ai décidé de relire de nouveau : Dalva (terminé). J'étais curieuse de me replonger dans ce choc de l'automne 2014. En 2014, j'ai vérifié grâce à des mails, je l'ai lu en six jours. Ce n'était pas précipité mais je pense que je me suis un peu astreinte à entrer dedans, plus que cette année en tout cas. Dalva ne m'accroche pas d'emblée, mais quand je dois le laisser à la fin, c'est un déchirement. Au moment où je reprenais cette lecture, j'ai rencontré quelqu'un, un grand auteur, qui m'a dit mais pourquoi vous relisez, faut pas faire ça, quand vous mourrez vous penserez à tous les livres que vous n'avez pas lus. En l'état des choses, je préfère relire que ne pas lire du tout, voila pourquoi j'ai relu Dalva et c'était : génial. (Le grand auteur m'a aussi dit de ne pas lire Alexandre Jardin et là j'admets que mon argument ne tient plus)
Je pensais terminer l'année sur La serpe de Philippe Jaenada. À chaque année son Jaenada ! Je n'ai plus grand-chose à en dire car je lui suis acquise et je pense qu'il pourrait me raconter l'histoire des moutons sous son lit que je trouverais encore ça fascinant. Finalement j'ai terminé La serpe un peu en avance, je me suis précipitée chez Ombres Blanches pour ne pas rester sans rien, et j'en suis sortie avec Dans le silence du vent de Louise Erdrich. Je n'avais pas terminé Love Medicine il y a deux ans, mais j'avais quand même envie de la lire de nouveau, après l'avoir vue en rencontre littéraire. Bien sûr, il s'agit d'un prétexte pour apprendre sur la condition des amérindiens mais il y aura aussi plus que ça, sans aucun doute.
J'ai tellement de mal à lire que je n'ai pas de plan pour 2018, si ce n'est essayer de réparer mon Kindle dont je n'ai pas pris soin en 2017. Puis, je ne sais pas trop. Des américains, peut-être. Je n'ai jamais lu la correspondance de Bukowski que j'ai depuis deux ans, ça pourrait être quelque chose à faire.
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